En impro, lorsque le thème est donné, on a quelques secondes pour réfléchir à un contexte, un personnage, des circonstances de démarrage. Et il faut entrer en scène, de suite. Ne pas entrer en scène est une faute. Il n’y a pas le choix, même si les idées ne sont pas venues, même si ce ne sont pas celles qui vous font rêver pour jouer. Il faut être en scène et jouer.
Pour chacun de nous c’est pareil, on se retrouve tout le temps dans cette situation. Lorsque le réveil sonne, on se dit qu’il faut y aller. Lorsque la porte s’ouvre, on se dit qu’il faut entrer ou parler, lorsque la lumière s’allume, il faut être là. En impro, pour faire face à cela, il y a plein de fils, dont je me dis que chacun peut être utile dans la vie de tous les jours. Je pourrai les détailler chacun plus tard.
Mais le fait d’être là sur scène simplement fait que nous sommes déjà en train de jouer. Peut-être pas de la façon idéale que nous souhaiterions, à la manière d’une star, brillant et pertinent. Nous sommes là sur scène simplement et le public nous regarde.
Notre manière d’être là est déjà un jeu de scène et c’est déjà suffisant.
Lorsque vous êtes présent, tous les jours, aux personnes qui vous entourent, peu importe que vous soyez brillant ou pertinent. L’important est d’être là. Et la scène se déroule maintenant. C’est sur cette scène du moment que vous jouez, impossible de reporter, et vivre sa vie, c’est la vivre dans l’instant.
Même caché au fond du lit, on joue un aparté, mais on est là.
Pour cela, l’impro apporte un tas d’idées qui font se sentir mieux, des idées inspirantes en quelque sorte. Ces idées permettent de ne pas être démuni, de garder une contenance pour soi en toute circonstance, une présence à soi, sans difficulté. Tout le monde a accès à au moins quelques fils. Et l’idée sous-jacente principale, c’est que le plus grand pas que vous ferez, c’est d’être là en scène maintenant. Le reste se fait petit à petit et est accessible à chacun.